Au foot comme au poker, il faut savoir jouer avec le jeu de son adversaire.

Imposer systématiquement son style de jeu à l’adversaire est un luxe que très peu d’équipes peuvent s’offrir. A chaque match, les cartes sont redistribuées.

La compétition, le contexte, l’entraineur et les joueurs adverses : tout est remis en cause semaine après semaine. Pourtant, certains entraîneurs ont oublié que le football ne se joue pas avec 11 joueurs mais 22.

C’est bien d’avoir des automatismes mais une équipe qui joue toujours de la même façon et qui n’a pas de plan B finit toujours par se faire avoir. Plus la compétition avance, plus ça devient inéluctable.

Ça me rappelle le PSG de Laurent Blanc. Depuis l’arrivée des Qataris, c’est sans doute l’entraîneur qui avait le plus de maîtrise avec un jeu de possession bien huilé qui martyrisait les clubs français. Pour preuve, le PSG avait établi le record du nombre de points marqués en L1 sous ses ordres lors de la saison 2015/2016 avec 96 points à l’arrivée. Je l’entends encore dire à de nombreuses conférences de presse « on ne s’occupe pas de l’adversaire, nous sommes concentrés sur notre jeu » – ça me rendait dingue. Résultat, quand le printemps arrivait, l’entraineur adverse avait eu tout le temps d’analyser notre jeu pour trouver la parade. 

Ce fut le cas 3 années de suite :

– En 1/4 de finale en 2014 face à Chelsea qui nous avait attendu dans leurs 40 mètres.

– En 1/4 de finale en 2015 face à Barcelone qui jouait le même jeu que nous mais en mieux.

– En 1/4 de finale en 2016 face à City qui nous avait fait déjouer.

Je pourrais prendre l’exemple de l’Arsenal de Wenger aussi. Il a surpris les clubs anglais avec son jeu de possession les premières années et après il n’a plus rien gagné. C’est la même histoire lors des Coupes du Monde, les meilleures équipes en phase de poules gagnent rarement à la fin. Parce qu’elles n’osent pas remettre en question un système qui fonctionne. Parce qu’elles ne ressentent pas le besoin de faire évoluer leur jeu. Parce que leurs adversaires ont eu le temps de le décortiquer.

En 2018, on gagne la Coupe du Monde grâce à notre changement tactique après les 2 premiers matchs de poule. Les meilleurs entraîneurs sont ceux qui savent se remettre en question, se renouveler et s’adapter au jeu de leurs adversaires.

Même le Bayern imbattable de Flick a réussi à se faire avoir par le PSG. Lors de ces 2 confrontations, nous savions comment allait jouer notre adversaire et nous nous sommes adaptés.

Ce n’est pas pour rien que des entraîneurs comme Zidane et Deschamps – pour ne citer que des français – aient connus autant de succès. Ils ne sont pas là pour faire le spectacle mais ils savent faire déjouer l’équipe adverse. Ce n’est pas pour rien non plus que le Real remporte aussi souvent la Ligue des Champions. Leur jeu n’est pas flamboyant mais ils ont plusieurs cordes à leur arc. C’est dans leur ADN. 

Même Guardiola, que beaucoup considère comme le meilleur entraîneur de notre époque et qui tient avant tout à imposer son style de jeu à l’adversaire, n’a plus gagné la Ligue des Champions depuis 11 ans. C’était le 28 mai 2011 avec Barcelone. Une éternité. 

Deschamps est en train d’utiliser les matchs de Ligue des Nations comme préparation pour la Coupe du Monde. Il teste des joueurs, il expérimente plusieurs systèmes – quitte à perdre des points en chemin – parce que son rêve est de remporter la Coupe du Monde 2 fois de suite.

Le rêve du PSG, tout le monde le connaît et j’espère que notre prochain entraîneur saura faire la même chose avec les matchs de Ligue 1 afin d’être prêt au printemps quelque soit l’adversaire.

4 commentaires sur “Au foot comme au poker, il faut savoir jouer avec le jeu de son adversaire.

Ajouter un commentaire

  1. Tout à fait d'accord. Tu pourrais citer Tuchel qui adaptait son jeu à l'équipe adverse. Cette saison-là, le PSG n'a jamais été aussi proche de remporter la LDC d'ailleurs 😉

  2. C'est vrai que je le kiffais lui au début mais quel caractère. S'il n'a pas ce qu'il veut il boude 😉 Mais tu as raison, c'est un super tacticien qui sait s'adapter, même en cours de match.

Laisser un commentaire

Powered by WordPress.com. par Anders Noren.

Retour en haut ↑