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Pour jouer en équipe, il faut que les dirigeants le fassent aussi.

Pour jouer en équipe, il faut que les dirigeants le fassent aussi.

Paris Saint-Germain's Brazilian sporting director Leonardo (L) and Paris Saint-Germain's Qatari President Nasser Al-Khelaifi (R) speak during the French L1 football match between Paris Saint-Germain (PSG) and Montpellier (MHSC) at The Parc des Princes stadium in Paris on September 25, 2021. (Photo by FRANCK FIFE / AFP)

Aujourd’hui, les entraîneurs jouent les recruteurs, les directeurs sportifs se prennent pour des recruteurs ou parfois même des présidents – c’est comme demander à un défenseur de jouer attaquant. Sur le terrain comme en tribunes, chacun son expertise, non ?

Leonardo en est le parfait exemple. Comme il a été joueur, entraîneur, recruteur, directeur sportif, comment peut-il trouver et rester à sa place ? Quelle est sa véritable compétence ?

Citons le cas de Tuchel qui a été limogé en décembre 2020 par Leonardo parce qu’ils ne s’entendaient pas tous les deux. Six mois plus tard l’entraîneur allemand remportait la Ligue des Champions avec Chelsea. Pourquoi ? Parce qu’on lui a confié un groupe et on lui a juste demandé de faire son boulot d’entraîneur. Je n’aime pas faire d’argumentaire par l’exemple mais celui-là est quand même costaud.

Mais Tuchel a aussi fait des erreurs au #PSG. L’entraîneur allemand est un excellent tacticien mais c’est aussi un piètre recruteur. Il l’a prouvé en exigeant le recrutement de Gueye, Kehrer, Diallo ou Choupo-Motting. J’ai envie de dire « belles pioches ».

Un autre exemple français tout aussi flagrant : le passage de Garcia à l’OM. Il a voulu recruter Payet (pour 35M€ – une broutille pour un club comme l’OM) et puis Strootman, Radonjic, Sertic, Mitroglou, Germain ou Sanson… Alors là je dis chapeau et je m’incline face à tant d’intuitions. Normal qu’il se soit trompé, il n’a pas fait son boulot, il a fait celui de son collègue et personne n’aime ça – dans aucune entreprise d’ailleurs.

L’entraîneur et le recruteur doivent former un duo. L’entraîneur fait part de ses demandes en terme de postes et de profils de joueur dont il a besoin et le responsable du recrutement, armé de sa bande de scouts, répond à ses prérogatives. L’entraîneur fait alors ses choix avant d’aller convaincre le Président de régler la douloureuse.

Chacun son expertise, sur le terrain comme dans les hautes sphères du club. C’est comme ça que certains clubs ont connu le succès pendant plusieurs années. Comment l’Olympique Lyonnais a réussi à remporter sept titres de suite entre 2001 et 2008 alors que les entraîneurs et les joueurs changeaient régulièrement ? Parce que les hommes forts de la direction restaient les mêmes et partageaient la même vision.

Rappelez-vous la conférence de presse de Galtier le mardi 5 juillet 2022 : « Avec Luis, on a travaillé plus de trois ans ensemble, ce sont des échanges permanents. Avant de partir sur le recrutement, nous avons beaucoup échangé sur le système et en fonction de cela, Luis a la capacité à découvrir et convaincre des joueurs de nous rejoindre. C’est lui qui fait le recrutement, mais depuis trois ans, jamais un joueur n’est venu sans mon accord. Mais j’ai une totale confiance en sa capacité à trouver les bons joueurs (…) Il est important d’avoir le soutien et l’appui de son président par rapport à cela. La manière de travailler avec Luis, c’est qu’il n’y a aucun compromis. L’exigence, le travail, le respect et l’équipe avant toute chose. Les décisions seront prises, il n’y aura aucun joueur au-dessus de l’équipe. Je suis déterminé à faire en sorte que cette équipe soit très soudée, exigeante, déterminée pour faire la plus grande saison possible.»

Et si les Qataris avaient enfin compris qu’il ne suffit pas d’avoir les meilleurs joueurs et les meilleurs entraîneurs pour gagner.

Et si les Qataris avaient enfin compris que les valeurs du travail en équipe doivent être initiées par les dirigeants pour pouvoir exister sur le terrain.

C’est peut-être la nouvelle ère dont Nasser voulait nous parler. Espérons-le.

En tout cas, moi j’y crois.

 

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